Jean Jaurès, un modèle

Jean Jaurès
Jean Jaurès

Le Combat d'un grand homme


Il y a quelques temps je suis tombé sur le téléfilm "Jaurès, la naissance d’un géant", porté par l'incroyable Philippe Torreton. On sait tous plus ou moins qui était Jean Jaurès. Bien plus qu'une station de métro ou qu'une avenue, il était un grand homme, l’élu des pauvres, des sans grades, des exploités ; l’incarnation d’un socialisme républicain et internationaliste.
Je remarque que son combat mené entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle aurait toujours lieu d'être dans la France et l'Europe d'aujourd'hui. Et oui, la "République des exploiteurs" ne s'est jamais aussi bien portée... Pourtant, dans le paysage politique actuel je ne vois personne capable d'apporter plus de justice, hélas...

Extraits du discours de Jean Jaurès dans le film :

"Je ne suis pas un socialiste de naissance. Il me semble d'ailleurs que ce problème dépasse ma modeste personne. En effet, si le Marquis de Solages par exemple, n'a pas supporté l'élection de Calvignac à la mairie de Carmaux, c'est que c'était la première fois que cela arrivait. Auparavant, la majorité des mineurs ne votaient pas socialiste, mais élisaient le candidat du patronat. Ils n'étaient donc pas naturellement socialistes de naissance. Ils le sont devenus. Il a fallu les convaincre. Au début, cher camarade Calmel, combien étaient syndiqués à tes côtés ? Autant qu'il m'en souvienne, peu, et même fort peu. Il n'y a donc pas non plus de syndicaliste de naissance. Alors certes nous progressons, mais si il ne faut compter que sur la seule minorité, exemplaire, des socialistes de naissance pour vaincre le capitalisme, excusez-moi mais nous risquons d'attendre ! Et même d'attendre longtemps !
S'organiser, collectivement, politiquement, syndicalement, c'est rompre avec l'aliénation. C'est résister au matraquage des puissances de l'argent et de la presse qui lui est affidée. C'est un effort mes amis, considérable. Aussi, à chaque fois qu'un ouvrier, qu'un intellectuel, s'engage contre le capital, et rejoint le camp des opprimés, je ne lui demande pas ce qu'il pensait hier, mais je le félicite d'abord de combattre avec nous la bourgeoisie. Si je suis candidat à la candidature, c'est pour faire progresser ce combat.
Citoyens, camarades, je suis aujourd'hui devant vous, parce que la république est en danger. Elle agonise. Elle a certes brisé la monarchie, apporté des libertés nouvelles, instauré la laïcité dans les écoles, mais la voilà sous la domination de grands groupes capitalistes industriels et financiers. C'est la république des Solages, c'est la république des exploiteurs.
L'affaire de Panama illustre cette situation. Le capital achète les représentants du suffrage universel. Il en fait ses valets. Seul le combat pour briser le capital sauvera la république.
Alors sur ce point j'ai changé. Je croyais que de réformes en réformes le socialisme l'emporterait, mais la sinistre affaire de Panama m'a fait voir que les réformes doivent être arrachées par la lutte des classes, relayée au parlement par un puissant groupe socialiste. Mais seule l'appropriation collective des moyens de production mettra fin à l'exploitation de l'homme par l'homme, à la suggestion de l'homme à l'homme, à l'horrible lutte de l'homme contre l'homme.
Sans la république le socialisme est impuissant, mais sans le socialisme la république est vide.
Alors, de nombreux camarades vous disent, non sans une certaine perfidie, Jaurès est un idéaliste. Chers camarades, je ne sépare pas l'idée de sa mise en oeuvre. Avec Marx, je crois que toutes les réformes qui pourront être arrachées au capital doivent l'être. Et j'estime pour ma part que la journée de huit heures, le droit syndical, l'instruction gratuite, publique, de tous les enfants, sont autant d'étapes vers le socialisme. Mais pour cela les ouvriers doivent s'organiser syndicalement, mais aussi et surtout, politiquement. Alors camarades, être idéaliste avec Marx, ça me va.
On vous dit aussi, Jaurès n'est pas membre du parti socialiste. Mais de quel parti socialiste parlez-vous ? De la Fédération des travailleurs socialistes de France, qui dénonce le parti ouvrier socialiste révolutionnaire, lequel s'oppose au comité révolutionnaire central, et tous, vous êtes ligués contre le parti ouvrier de Jules Guesde, le plus puissant, certes, mais le plus sectaire. Alors je vous repose la question : de quel parti socialiste parlez-vous ?
Le mouvement socialiste aujourd'hui en France est divisé en sectes qui s'affrontent. Vous étiez unis pendant la grève camarades. Souvenez-vous en ! Et c'est parce que vous étiez unis que vous avez gagné. Et c'est parce que vous avez gagné que nous sommes là ce soir. 
Si vous m'en donnez mandat, je bâtirai avec vous l'unité de tous les socialistes dans un seul et même parti démocratique. Si vous me désignez comme votre candidat, je serai l'homme de cette unité. Du rassemblement des exploités, de ceux qui n'ont rien, des laissés pour compte.
Je serai l'homme de l'unité socialiste, contre tous les partis bourgeois."

Philippe Torreton en Jean Jaurès

Sylvain Giannetto

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