Le Retour de la peine de mort ?

La guillotine (ou toute nouvelle invention macabre de l'homme), prête à de nouveau faire parler d'elle...

Hamida Djandoubi
Hamida Djandoubi, dernier condamné à mort en France...
Comme beaucoup de personnes de ma génération et des suivantes (j'étais enfant dans les années 80), la guillotine est quelque chose que j'ai toujours instinctivement associé à Louis XVI et à la Révolution Française ; rappel de mes leçons d'histoire. Tout le monde en convient : c'était quelque chose d'horrible que d'envoyer un homme à l'échafaud ; des pratiques barbares d'un autre âge qui nous paraissent loin, tellement loin... Et pourtant le dernier condamné à mort en France (guillotiné) ne remonte qu'à 1977, l'abolition étant promulguée 4 ans plus tard.

Les personnes avec lesquelles j'aborde le sujet sont souvent choquées en réalisant que la justice ait pu en 1977, c'est à dire hier, "s'emparer d'un homme et le couper, vivant, en deux morceaux" (Claude Buffet, condamné à mort en 1972, exprimait le supplice en ces termes dans une lettre adressée à Georges Pompidou pour tenter d'obtenir sa grâce, en vain).
La France, le pays des Droits de l'Homme et de la liberté d'expression (ne sommes-nous pas tous Charlie ?), aura finalement été l'une des dernières nations européennes à rendre justice en donnant la mort ; nous qui sommes tellement fiers de nos valeurs...

Des hommes engagés

J'admire des penseurs tels que Beccaria, Voltaire ou Duport, par qui le combat pour l'abolition de la peine de mort s'est engagé dès le XVIIIème siècle et je suis profondément blessé lorsque j'entends aujourd'hui des politiciens émettre l'idée qu'il serait peut-être bon de rétablir la peine capitale. Mais soyons vraiment originaux et pourquoi ne pas aussi remettre à la mode la roue, le bûcher, le gibet, l'écartèlement. Pour l'exemple !

De Montesquieu à Badinter, en passant par Jaurès ou Hugo, tout a déjà été dit sur le bien fondé de l'abolition, et la majorité des citoyens reconnaît qu'il s'agit d'un acte abominable ; néanmoins un sondage (Opinionway) révèle que fin 2013, 50% des français voudraient rétablir la peine de mort.

Les commémorations nationales ont pour but de nous souvenir - ce qui n'est pas antinomique -, des guerres et des drames humains souvent liés à elles. 

Pourquoi faut-il alors que l'on oublie les leçons du passé ?


Détail troublant, bien que la peine ait été abrogée et inscrite à la Constitution, avec le traité de Lisbonne (2007) elle refait discrètement surface en Europe. Un article stipule clairement qu'un "Etat Européen peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre"...


Avec la guerre déclarée contre le terrorisme, que l'on associe souvent à l'Islam, et la radicalisation du peuple Français, doit-on donc s'inquiéter ? Je le pense.


Sylvain Giannetto

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