Suite dans les idées...

Etre inconstant ne mène pas à grand-chose

Qu'ils disent... mais il me semble que c'est être constant qui ne mène à rien.
A mes yeux, la constance est un exercice ardu, car cela suppose des efforts et je n'aime pas ça... Souvent je me dis : « A partir de maintenant je me lèverai tous les jours à sept heures, ferai un footing, travaillerai sans relâche...». Aussitôt ces belles paroles dispensées je me tourne vers la pendule qui indique déjà les quatre heures du matin, et je sais qu'il faudra remettre à plus tard ma révolution... Pourquoi vouloir à tout prix être constant ? Le constant sera peut-être moins apte à la réalisation de grands exploits.

Usé par sa parfaite petite routine, le constant ne sera plus capable de se surpasser, d'être conquérant ! Dans l'idéal il ne faudrait être constant qu'occasionnellement, que quand c'est vraiment utile ! Dans le monde du travail on ne peut pas se permettre de beaucoup faire puis de ne rien faire, car il faut toujours être « une peu » au boulot. Les trente-cinq heures en sont la démonstration... Pour ma part, je préfère faire ces trente-cinq heures en deux ou trois jours plutôt qu’en une semaine. Si ça ne tenait qu'à moi je les ferais même qu'en quelques heures. Vite fait, bien fait. Je préfère oublier la dénomination des jours et ne pas m'interdire de travailler parce que c'est dimanche ou férié.



Je perçois la constance comme une certaine mort de l’âme. Elle dissimule nos craintes : la peur d’avancer, d’explorer de nouvelles voies, de se mettre en danger... Pourquoi ai-je entendu tant de fois mes proches me dire : « Sois constant » ? Le dent de scie n’a-t-il donc point de charme ? C’est grâce à des gens comme moi, qui souhaitaient aller au-delà de notre climat tempéré, qu’on a découvert la bipolarité du globe… Si la vie n’était qu’un long fleuve tranquille, ne s’emmerderait-on pas ? Au bout d’un moment ne provoquerait-on pas nous-mêmes ruisselets, ruisseaux, rivières, torrents et rigoles afin de rendre nos existences un peu plus fertiles… ?

Alors, arrêtez de me parler constamment de ce mot… ! Par pitié !

Sir Ernest Shackleton
Explorateurs de l'Antarctique


Sylvain Giannetto

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