Moi, Sataniste ?

Représentation du Diable
Le Diable

Suis-je attiré par tout ce qui est démoniaque ?

Pourquoi dans mon film « One shot » ai-je inconsciemment donné à la scène d’amour un aspect satanique ? Pourquoi dans mes scénarii ai-je toujours des personnages pervers, maléfiques ? Dans un autre scénario, « Basses fréquences », je fais même intervenir le diable en personne... Pourquoi ai-je fait des portraits photographiques qui donnent des aspects souvent sataniques à mes modèles ? Pourquoi suis-je tellement attiré par tout ça ?
Comment pourrais-je faire des films teintés de violence et de perversité alors qu’au fond de moi je veux plutôt faire des films optimistes qui invitent à prendre conscience de notre divinité ? ça n’a pas de sens.

J'ai donc cherché...

Peut-être un élément de réponse.

Le mot « démon » vient du latin daemon, emprunté au grec ancien δαίμων / daímôn, qui signifie plus ou moins « puissance divine ». Il s’agirait donc pour moi, inconsciemment, d’intégrer la part divine de l’homme dans mes histoires. En faisant intervenir le démon, je me connecte à la part divine de l’individu. Et puisque le bien et le mal ne sont que des inventions de l’homme (l’Univers est régi par les énergies, pas par des entités réduites au simple rang humain de juge), l’apparition d’un démon n’est pas synonyme de la présence du Mal mais plutôt de la réceptivité de l’homme.
Socrate nomme daïmon ce qui lui souffle ses réponses lorsqu'il s'exprime sur un sujet, un génie particulier qui lui indique aussi ce qu'il ne doit pas faire. Donc, ce côté sombre que je redoute et que je ne comprends pas n’est peut-être en fait qu’une connexion directe à l’Univers.

Apulée de Madaure, au IIème siècle dans un petit traité intitulé "À propos du Dieu de Socrate", dit en s'inspirant du dialogue de Platon : « Non, vous répondra Platon par ma bouche, non, les dieux ne sont pas tellement distincts et séparés des hommes, qu'ils ne puissent entendre nos vœux. Ils sont, il est vrai, étrangers au contact, mais non au soin des choses humaines. Il y a des divinités intermédiaires qui habitent entre les hauteurs du ciel et l'élément terrestre, dans ce milieu qu'occupe l'air, et qui transmettent aux dieux nos désirs et les mérites de nos actions : les Grecs les appellent démons. Messagers de prières et de bienfaits entre les hommes et les dieux, ces démons portent et reportent des uns aux autres, d'un côté les demandes, de l'autre les secours ; interprètes auprès des uns, génies secourables auprès des autres… ».

Me voilà rassuré...

Sylvain Giannetto

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