Andreï Tarkovski

Stalker de Tarkovski
Image du film Stalker

Prendre le temps de vivre, de regarder un film...


J’ai toujours aimé regarder les films en plusieurs fois, plus encore lorsqu’ils me plaisent.

Cela me permet de m’investir bien plus émotionnellement dans l’histoire. Pendant une heure je fais autre chose et pendant ce temps-là je revis les drames, je repense aux rires. Je m’imagine ce que nos personnages peuvent bien faire au même instant pendant que moi je passe en revue leurs aventures.

Le cinéma d’Andreï Tarkovski

Il permet justement ce bonheur de vivre intensément l’histoire qui nous est contée. Si notre esprit divague pendant quelques instants ce n’est pas grave puisque pendant ce temps on nourrit de notre propre vécu le récit, pourvu qu’on nous ait donné du grain à moudre. Ses films sont pour nous une sorte de terrain de jeu initiatique auquel nous sommes conviés, invités à jouer, à deviner, à interpréter.

Dans la vraie vie, interpréter mène souvent à la confusion, mais dans ses films cela permet au contraire de se connecter à la vérité, à notre moi intérieur. LA vérité n’existe pas, mais on peut au moins trouver SA vérité, être en harmonie avec soi-même, ce qui nous permet paradoxalement d’être aussi en symbiose avec les autres. Ce qui crée des tensions avec les autres, ce n’est pas tant qu’ils ne pensent pas comme nous, mais plutôt que chacun veuille imposer sa vision. Une vision unique est destructrice, synonyme d’intolérance, voire de tyrannie.
Les films d’Andreï Tarkovski ont cela de magnifique qu’ils permettent à chacun de tracer sa voie sans pour autant entraver la route du voisin.



La finalité esthétique de Tarkovski

Elle est à la mesure du concept de mondéité de Heidegger, à savoir ce qui caractérise et détermine le Dasein comme être-au-monde, comme être-dans-le-monde. Or, on ne peut se comprendre soi-même que si l'on pénètre la proximité des choses et du monde qui nous entourent. Comprendre la chose, c'est-à-dire ici la Nature, c'est rassembler la Terre, le Ciel, les Divins et les Mortels. Cette unité des Quatre que Heidegger nomme « Quadriparti » constitue la figure originaire du monde. C'est donc en me jetant aux confins de l'univers que j'approche le mieux de ma propre vérité.


Sylvain Giannetto

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire